De quelle quantité de liquides un enfant a-t-il besoin ?
Les besoins en liquides d’un enfant dépendent de son âge, de son alimentation, de son niveau d’activité, de la température ambiante et de son état de santé. Les valeurs indiquées dans les recommandations sont données à titre indicatif et concernent l’apport total en eau, et non uniquement l’eau bue dans un verre ou une gourde.
L’apport total en eau comprend :
- l’eau et les autres boissons, y compris le lait,
- l’eau contenue dans les soupes, les bouillies, les yaourts, les fruits et les légumes,
- chez les nourrissons, le lait maternel ou le lait infantile correctement préparé.
Il n’est donc pas possible de convertir directement les recommandations relatives à l’apport total en liquides en une quantité d’eau seule à boire. Les recommandations européennes de l’EFSA prennent en compte l’eau provenant de toutes les sources mentionnées [1].
Apport total en eau selon l’âge
Les valeurs ci-dessous permettent d’évaluer les besoins de l’enfant, mais elles ne constituent pas un objectif à atteindre au millilitre près. La quantité d’eau à boire dépendra notamment de la quantité de lait et d’aliments riches en eau consommés par l’enfant.
| Âge de l’enfant | Apport total en eau indicatif par jour | Comment interpréter cette valeur ? |
|---|---|---|
| 0–6 mois | environ 680 ml | L’eau provient du lait ; un nourrisson en bonne santé n’a généralement pas besoin d’eau supplémentaire. |
| 6–12 mois | environ 800–1000 ml | Comprend le lait, l’eau à boire et l’eau contenue dans les repas. |
| 1–2 ans | environ 1100–1200 ml | Comprend toutes les boissons et l’eau apportée par les aliments. |
| 2–3 ans | environ 1300 ml | L’eau devrait être la boisson principale, mais elle n’est pas la seule source de liquides. |
| 4–8 ans | environ 1600 ml | Les besoins peuvent augmenter en cas de chaleur et d’activité physique. |
| 9–13 ans — filles | environ 1900 ml | Quantité totale provenant des boissons et des aliments. |
| 9–13 ans — garçons | environ 2100 ml | Quantité totale provenant des boissons et des aliments. |
Ces valeurs correspondent aux recommandations européennes pour les enfants et s’appliquent à des conditions environnementales moyennes ainsi qu’à une activité modérée [2]. Elles ne définissent pas une quantité minimale d’eau pure que chaque enfant doit boire.
L’eau pour un nourrisson de moins de 6 mois
Un nourrisson en bonne santé exclusivement allaité n’a généralement pas besoin de recevoir de l’eau en complément, même lorsqu’il fait chaud. En période de forte chaleur, vous pouvez proposer le sein plus souvent et surveiller l’efficacité des tétées ainsi que le nombre de couches mouillées.
Un nourrisson qui reçoit du lait infantile n’a lui aussi, le plus souvent, pas besoin d’eau supplémentaire si le lait est préparé exactement selon les instructions du fabricant. Il ne faut pas ajouter davantage d’eau ni le diluer « en cas de chaleur », car cela modifie les proportions de nutriments et d’électrolytes.
Donner de l’eau avant l’âge de 6 mois peut réduire la quantité de lait consommée et, par conséquent, les apports en énergie et en nutriments. Les exceptions, par exemple liées à l’état de santé de l’enfant, doivent être déterminées individuellement avec un médecin. Cette conduite est conforme aux principes d’alimentation des nourrissons en bonne santé [5].
Quand commencer à proposer de l’eau à un nourrisson ?
Vous pouvez commencer à proposer de l’eau au moment de la diversification alimentaire, généralement vers l’âge de 6 mois. Au début, quelques gorgées pendant le repas suffisent. Le lait maternel ou le lait infantile reste alors une source importante de liquides et de nutriments.
Il est utile de proposer l’eau dans un gobelet ouvert ou une tasse d’apprentissage adaptée aux capacités de l’enfant. Au départ, l’objectif n’est pas de boire un volume précis, mais de découvrir progressivement le goût de l’eau et d’apprendre à boire. Les recommandations concernant l’alimentation des jeunes enfants désignent l’eau comme la boisson à privilégier au cours de la diversification alimentaire [3].
Quelle quantité d’eau seule un enfant plus âgé doit-il boire ?
Il n’existe pas une quantité obligatoire d’eau seule adaptée à tous les enfants. Deux enfants du même âge peuvent avoir besoin de quantités de boissons différentes : l’un peut manger davantage de soupes, de légumes et de fruits, tandis que l’autre est plus actif ou vit dans un environnement plus chaud.
La meilleure règle consiste à proposer régulièrement de l’eau :
- au moment des repas et entre les repas,
- avant de sortir de la maison,
- au retour d’une promenade, de la crèche, de l’école ou du collège,
- avant, pendant et après une activité physique,
- plus souvent en période de chaleur.
Il ne faut pas forcer l’enfant à terminer tout son verre. Il est préférable de lui proposer de petites quantités régulièrement tout au long de la journée.
Que proposer à boire en priorité ?
Pour un enfant ayant commencé la diversification alimentaire, l’eau ordinaire devrait être la boisson de base. Il peut s’agir d’eau du robinet sûre sur le plan microbiologique ou d’une eau en bouteille adaptée. Lorsque vous choisissez une eau en bouteille pour un jeune enfant, vérifiez qu’elle convient aux nourrissons et aux jeunes enfants.
Les jus, boissons aux fruits, tisanes sucrées et eaux aromatisées ne devraient pas servir à étancher la soif au quotidien. Boire fréquemment des boissons sucrées favorise les caries et entretient une préférence pour le goût sucré. Les boissons énergisantes ne conviennent pas aux enfants. Les boissons isotoniques ne sont généralement pas nécessaires pour les jeux ordinaires ou une activité de loisir. L’eau reste la boisson recommandée au quotidien [4].
Chaleur et activité physique
Lorsqu’il fait chaud et pendant une activité physique intense, les besoins en liquides augmentent. Les enfants peuvent ne pas remarquer leur soif lorsqu’ils sont absorbés par le jeu ; il est donc préférable de proposer régulièrement de l’eau, avant que la soif ne devienne importante.
- À un nourrisson de moins de 6 mois, il convient de proposer plus souvent le sein ou du lait infantile préparé dans les bonnes proportions.
- À un nourrisson plus âgé et à un enfant, il est préférable de donner de petites quantités d’eau à intervalles rapprochés.
- Pour une promenade, une sortie au parc ou un entraînement, prévoyez une gourde facile d’accès.
- Ne laissez jamais un enfant dans une voiture surchauffée et évitez une activité prolongée en plein soleil.
Fièvre, diarrhée et vomissements
Lors d’une infection, l’enfant peut perdre davantage d’eau et d’électrolytes tout en étant moins disposé à boire. En cas de diarrhée ou de vomissements, l’eau seule peut ne pas suffire. On utilise généralement une solution de réhydratation orale contenant les bonnes proportions de glucose et d’électrolytes, préparée conformément aux instructions. Un nourrisson allaité doit continuer à être mis fréquemment au sein.
Il est préférable de donner la solution en petites quantités, par exemple quelques gorgées ou une cuillère à café toutes les quelques minutes. Si l’enfant vomit chaque quantité proposée, refuse de boire ou si son état se dégrade, contactez un médecin.
Comment reconnaître une possible déshydratation chez l’enfant ?
Le principal signal d’alerte est un changement net par rapport au comportement habituel de l’enfant. Les signes possibles d’un manque de liquides sont :
- des urines moins fréquentes ou un nombre nettement réduit de couches mouillées,
- des urines foncées et à l’odeur prononcée,
- une bouche et une langue sèches,
- l’absence de larmes lors des pleurs,
- une soif intense, de l’irritabilité ou une faiblesse inhabituelle,
- des yeux creux et, chez le nourrisson, une fontanelle creusée,
- une somnolence et une réactivité à l’environnement plus faible que d’habitude.
La couleur des urines peut constituer un indice utile chez un enfant plus âgé, mais elle ne doit pas être le seul moyen d’évaluer l’hydratation. Les urines du matin sont naturellement souvent plus concentrées.
Quand consulter un médecin ou un professionnel de santé ?
Une évaluation médicale rapide est nécessaire si l’enfant :
- est apathique, très somnolent, mou ou difficile à réveiller,
- ne prend pas de liquides ou vomit chaque quantité proposée,
- urine nettement moins souvent ou n’a pas uriné depuis de nombreuses heures,
- a la bouche très sèche, ne produit pas de larmes, a les yeux creux ou la fontanelle creusée,
- respire rapidement, a les extrémités froides ou la peau pâle ou marbrée,
- présente des vomissements ou une diarrhée importants ou prolongés,
- est un nourrisson, particulièrement âgé de moins de 6 mois, et a de la fièvre, de la diarrhée, des vomissements ou nettement moins de couches mouillées.
Si l’état de l’enfant semble grave ou s’aggrave rapidement, sollicitez une aide médicale urgente. Une soif excessive persistante associée à des urines fréquentes et abondantes nécessite également une consultation, car elle peut avoir une autre cause que la chaleur ou l’activité physique.
Comment encourager une hydratation régulière ?
- Placez de l’eau dans un endroit visible et facile d’accès.
- Proposez-en à chaque repas ainsi qu’après une activité.
- Glissez une gourde dans le sac pour la crèche, l’école et les promenades.
- Rappelez-le calmement, sans insister pour que l’enfant boive une quantité précise.
- Montrez l’exemple en choisissant l’eau comme boisson quotidienne.
- Lavez régulièrement les gourdes, embouts et pailles selon les instructions du fabricant.
Le plus important est de mettre en place une routine prévisible. Il n’est pas nécessaire de compter chaque gorgée chez un enfant en bonne santé s’il boit régulièrement, urine, a de l’énergie et se développe normalement.
Questions fréquentes
L’apport total en eau correspond-il à la quantité d’eau pure à boire ?
Non. Il comprend l’eau, le lait, les autres boissons et l’eau contenue dans les aliments. Ainsi, une valeur de 1600 ml ne signifie pas que l’enfant doit boire 1600 ml d’eau pure.
Faut-il donner de l’eau à un nourrisson de moins de 6 mois lorsqu’il fait chaud ?
Un nourrisson en bonne santé exclusivement allaité n’a généralement pas besoin d’eau supplémentaire. Il faut proposer le sein plus souvent. Le lait infantile ne doit pas être davantage dilué ; vous pouvez proposer plus souvent un biberon correctement préparé. En cas de maladie ou de doute, consultez un médecin.
Quelle quantité d’eau proposer après le début de la diversification alimentaire ?
Au début, il suffit de proposer quelques gorgées lors des repas. Il n’est pas nécessaire d’atteindre un volume précis. À mesure que la part d’aliments solides augmente, la quantité d’eau bue augmente généralement progressivement.
Le jus peut-il remplacer l’eau ?
Non. L’eau devrait être la boisson principale. Le jus contient des sucres et ne devrait pas servir à étancher régulièrement la soif ni être bu tout au long de la journée.
Un enfant peut-il boire trop d’eau ?
Oui. Donner trop d’eau, surtout à un nourrisson, peut limiter la consommation de lait et perturber l’équilibre des électrolytes. Il ne faut pas forcer un enfant à boire ni remplacer le lait par de l’eau.
En résumé
Les recommandations d’hydratation décrivent l’apport total en eau provenant de toutes les boissons et de tous les aliments. Un nourrisson en bonne santé de moins de 6 mois n’a généralement pas besoin d’eau supplémentaire ; après le début de la diversification alimentaire, vous pouvez en proposer en petites quantités. Chez les enfants plus âgés, l’eau devrait être la boisson principale, et sa quantité doit être adaptée à l’alimentation, à l’activité, à la météo et au bien-être de l’enfant.
Sources
- European Food Safety Authority (EFSA), Scientific Opinion on Dietary Reference Values for Water.
- European Food Safety Authority (EFSA), Dietary Reference Values for nutrients — summary report, valeurs de référence pour les enfants.
- Fonds national de santé (NFZ), documents sur l’eau et les boissons dans l’alimentation des jeunes enfants.
- Centre national d’éducation nutritionnelle (NCEZ), ressources éducatives sur l’hydratation des enfants.
- Société polonaise de gastroentérologie, d’hépatologie et de nutrition pédiatriques (PTGHiŻD), recommandations relatives aux principes d’alimentation des nourrissons en bonne santé.