Constipation chez l’enfant : alimentation, fibres et hydratation

L’alimentation et l’hydratation contribuent à soulager la constipation, mais elles ne suffisent pas toujours en cas de symptômes persistants. Découvrez quoi proposer à votre enfant, comment réagir s’il se retient et quand consulter.

NutritionComplainer August 18, 2026 13 min read 2531 words
Child-friendly foods and water for constipation relief

    Constipation chez l’enfant : pas seulement une question de fréquence des selles

    La constipation ne se résume pas à des selles peu fréquentes. Leur consistance, la douleur lors de la défécation, les efforts importants et le comportement de l’enfant sont également importants. Le problème peut exister même si l’enfant va à la selle tous les jours, lorsque les selles sont dures et difficiles à évacuer.

    Chez la plupart des enfants, la constipation est fonctionnelle, c’est-à-dire qu’elle n’est pas liée à une maladie organique. Elle débute souvent après une défécation douloureuse, un changement alimentaire, une infection, un voyage, le début de l’apprentissage du pot ou l’entrée à la crèche ou à l’école maternelle. L’enfant commence alors à retenir ses selles, qui deviennent de plus en plus dures, et la défécation suivante est encore plus douloureuse. Un cercle vicieux de constipation et de peur s’installe ainsi [1].

    L’alimentation, une bonne hydratation et une routine sereine aux toilettes sont des éléments importants de la prise en charge. Il faut toutefois préciser clairement que la constipation chronique ne disparaît pas toujours après un changement d’alimentation. Si les selles s’accumulent, si l’enfant les retient régulièrement ou si ses sous-vêtements se salissent, une évaluation médicale et un traitement adapté à son âge ainsi qu’à la sévérité des symptômes peuvent être nécessaires.

    Comment reconnaître la constipation chez l’enfant ?

    Les signes pouvant évoquer une constipation sont :

    • des selles dures, sèches ou très volumineuses,
    • de la douleur, des pleurs ou des efforts importants au moment de la défécation,
    • des selles moins fréquentes que d’habitude,
    • une sensation d’évacuation incomplète,
    • des postures visant à retenir les selles,
    • des douleurs abdominales ou une diminution de l’appétit qui disparaissent après la selle,
    • des traces de selles en petite quantité dans les sous-vêtements.

    Le fait de retenir ses selles peut être confondu avec une tentative d’aller à la selle. L’enfant peut croiser les jambes, serrer les fesses, se mettre sur la pointe des pieds, se raidir, se cacher ou refuser de s’asseoir sur le pot. Ce comportement traduit le plus souvent une tentative de retenir la défécation, surtout si l’enfant a déjà ressenti de la douleur auparavant.

    Les sous-vêtements sales ne sont pas toujours dus à un problème d’hygiène. Cela peut être la conséquence d’une importante accumulation de selles, autour de laquelle un contenu intestinal plus liquide s’écoule. Cette situation nécessite une consultation, car augmenter simplement les fibres peut ne pas suffire.

    Pourquoi les enfants sont-ils constipés ?

    Plusieurs facteurs se superposent souvent :

    • une défécation douloureuse et la rétention des selles qui en découle,
    • un apport insuffisant en fibres dans l’alimentation quotidienne,
    • un apport en liquides insuffisant ou des besoins accrus en cas de chaleur, de fièvre ou d’activité physique,
    • des repas irréguliers et du grignotage fréquent,
    • l’évitement des toilettes à la crèche ou à l’école,
    • une pression lors de l’apprentissage du pot,
    • un manque d’activité physique,
    • un changement de rythme quotidien, un voyage ou du stress.

    La constipation fonctionnelle est fréquente, mais le diagnostic doit tenir compte de l’âge de l’enfant, du début des symptômes, de sa croissance, de l’aspect des selles et de la présence de signes d’alerte. Chez un enfant ne présentant aucun signal d’alarme, le diagnostic repose généralement sur l’interrogatoire et l’examen clinique ; des examens complémentaires ne sont pas toujours nécessaires [1][4].

    Constipation chez le nourrisson

    Chez le nourrisson, le simple intervalle entre les selles ne suffit pas à conclure à une constipation. Un bébé allaité exclusivement peut avoir des selles molles moins souvent et, s’il mange bien, prend correctement du poids et ne présente pas de symptômes inquiétants, cela peut être une variante normale.

    Le fait de pousser, de rougir et de pleurer avant d’émettre une selle molle ne signifie pas non plus systématiquement qu’il y a constipation. Chez certains jeunes nourrissons, cela est lié à une coordination encore immature des muscles nécessaires à la défécation. La constipation est davantage suggérée par des selles dures, sèches, douloureuses ou émises sous forme de petites billes compactes.

    Alimentation au lait infantile

    Le lait infantile doit être préparé exactement selon les instructions du fabricant. Il ne faut ni ajouter davantage de poudre ni diluer le lait préparé avec des quantités d’eau supplémentaires sans avis médical. Des proportions incorrectes peuvent être dangereuses pour l’enfant.

    Il ne faut pas non plus changer fréquemment de lait uniquement en raison de selles moins fréquentes. Si le nourrisson a des selles dures, ressent de la douleur ou prend peu de poids, il est préférable d’en parler avec un pédiatre.

    Après le début de la diversification alimentaire

    Vers l’âge de 6 mois, il est possible d’introduire progressivement des aliments contenant des fibres, avec une texture adaptée aux capacités de l’enfant : par exemple des flocons d’avoine, des légumes, ainsi que de la poire, de la prune ou de la pêche. De l’eau peut être proposée au moment des repas, selon l’étape de diversification. L’eau doit être la boisson principale du jeune enfant, tandis que le lait reste la base de l’alimentation du nourrisson [5].

    Chez le nourrisson, il ne faut pas utiliser de suppositoires, de lavements, de préparations à base de plantes ou de laxatifs de sa propre initiative. Une constipation qui apparaît dès les premières semaines de vie nécessite une évaluation médicale particulièrement attentive.

    Alimentation en cas de constipation chez l’enfant plus âgé

    Le plus efficace est une alimentation régulière et variée, plutôt qu’un régime de courte durée reposant sur un seul aliment. Au quotidien, il est utile de prévoir :

    • des légumes – crus, cuits, rôtis, en soupe ou en sauce,
    • des fruits – de préférence entiers, si l’enfant peut les consommer sans risque,
    • des produits céréaliers plus riches en fibres – flocons d’avoine, céréales, pain complet ou semi-complet, pâtes complètes,
    • des légumineuses – en quantité adaptée à la tolérance de l’enfant,
    • des produits fermentés, s’ils sont bien tolérés et font partie de l’alimentation habituelle,
    • de l’eau proposée régulièrement tout au long de la journée.

    Les poires, les pruneaux, les abricots, les pêches, les kiwis ou les fruits rouges peuvent être utiles. Il n’existe toutefois pas un aliment unique qui traite la constipation chez tous les enfants. L’ensemble de l’alimentation, l’hydratation et l’arrêt de la rétention des selles sont déterminants. Les conseils nutritionnels doivent faire partie d’une prise en charge plus globale, en particulier lorsque les troubles récidivent [2][3].

    Que peut-il être utile de limiter ?

    Il est utile de vérifier que l’alimentation ne repose pas principalement sur du pain blanc, des pâtes blanches, des sucreries, des snacks salés et des produits ultra-transformés. Ces aliments ne doivent pas nécessairement être totalement interdits, mais ils ne devraient pas remplacer les légumes, les fruits, les produits céréaliers plus complets et les repas réguliers.

    Il n’est pas nécessaire d’éliminer systématiquement les bananes, le riz, le lait ou les produits laitiers chez tous les enfants constipés. Des restrictions injustifiées peuvent réduire la qualité nutritionnelle de l’alimentation. L’éviction d’un groupe important d’aliments doit être discutée avec un médecin ou un diététicien, en particulier chez les jeunes enfants.

    Fibres : augmentez-les progressivement

    Les fibres aident à retenir l’eau dans les selles et à en augmenter le volume, mais une augmentation brutale peut provoquer des ballonnements, des gaz et des douleurs abdominales. Il est donc préférable d’introduire les changements progressivement, par exemple en commençant par une portion supplémentaire de légumes ou de fruits et en remplaçant une partie des produits céréaliers raffinés par des produits complets.

    L’augmentation des fibres doit s’accompagner d’une hydratation adaptée. Donner de très grandes quantités de fibres ou des compléments ne résout toutefois pas le problème des selles accumulées. Si l’enfant reçoit déjà une quantité suffisante de fibres, augmenter encore les apports ne conduira pas forcément à une amélioration.

    Les préparations contenant du psyllium blond, du psyllium noir ou d’autres sources concentrées de fibres ne devraient être utilisées qu’après avis professionnel. Elles ne conviennent pas à tous les enfants et nécessitent un apport en liquides approprié.

    Hydratation en cas de constipation

    Il est préférable de proposer de l’eau régulièrement : pendant les repas, entre les repas et après une activité physique. Les besoins dépendent de l’âge, du poids, du type d’alimentation, de la température ambiante et de l’état de santé. Davantage de liquides peuvent être nécessaires en période de chaleur, en cas de fièvre, de diarrhée ou d’activité intense [5].

    Des urines foncées, des mictions peu fréquentes, une bouche sèche, l’absence de larmes lors des pleurs, une fatigue marquée ou une somnolence peuvent signaler un manque de liquides. Ces symptômes, surtout chez un nourrisson, nécessitent une évaluation rapide.

    Une bonne hydratation est importante, mais forcer un enfant correctement hydraté à boire des quantités excessives d’eau ne résout généralement pas une constipation chronique. Il ne faut pas non plus remplacer l’eau par de grandes quantités de jus ou de boissons sucrées.

    Le rôle de la routine aux toilettes et de la rétention des selles

    Après un repas, l’activité du côlon augmente naturellement. Il est utile de profiter de ce moment pour proposer à l’enfant de s’asseoir calmement sur le pot ou les toilettes pendant environ 5 à 10 minutes, idéalement après le petit-déjeuner ou le déjeuner. Ses pieds doivent être bien soutenus, par exemple sur un marchepied, et ses genoux légèrement plus hauts que ses hanches.

    Il ne faut ni punir, ni faire honte à l’enfant, ni le forcer à pousser. En revanche, vous pouvez le féliciter simplement d’avoir essayé. Le but est de restaurer son sentiment de sécurité, et non d’obtenir une selle immédiatement.

    Si la défécation reste douloureuse, il sera difficile pour l’enfant d’arrêter de retenir ses selles. Dans cette situation, l’alimentation et l’apprentissage de la routine aux toilettes peuvent ne pas suffire. Le médecin peut recommander un traitement pour ramollir les selles et, en cas d’accumulation importante, une prise en charge visant d’abord à vider l’intestin. Le traitement de la constipation chronique peut être long et doit être poursuivi conformément aux recommandations, même après les premières améliorations [1].

    Plan pratique à la maison

    Si l’enfant va bien, ne présente pas de signes d’alerte et que les troubles sont légers et récents, vous pouvez commencer par les mesures suivantes :

    1. Installez des repas réguliers et limitez le grignotage continu.
    2. Proposez de l’eau à plusieurs reprises dans la journée.
    3. Donnez chaque jour des légumes et des fruits sous une forme que l’enfant accepte.
    4. Remplacez progressivement une partie des produits céréaliers raffinés par des produits plus riches en fibres.
    5. Encouragez une activité physique quotidienne.
    6. Après les repas, prévoyez un moment calme aux toilettes ainsi qu’un appui pour les pieds.
    7. Observez les comportements qui peuvent indiquer une rétention des selles.

    Un petit journal indiquant la date des selles, leur aspect, la présence de douleur, les épisodes de salissure des sous-vêtements et les traitements utilisés peut être utile. Il ne faut toutefois pas se limiter à des essais à domicile pendant de nombreuses semaines si l’enfant souffre ou ne s’améliore pas.

    Quand consulter un médecin ou un spécialiste ?

    Une aide médicale urgente est nécessaire si l’enfant présente une douleur abdominale forte ou croissante, un ballonnement important, des vomissements persistants ou verts, une faiblesse marquée, des troubles de la conscience ou des signes de déshydratation.

    Les signes d’alerte nécessitant également une évaluation médicale sont :

    • une constipation qui débute au cours du premier mois de vie,
    • l’émission du méconium plus de 48 heures après la naissance,
    • de la fièvre, des vomissements ou un ventre nettement ballonné et douloureux,
    • du sang dans les selles ne pouvant pas être clairement attribué à une petite fissure anale,
    • une faible prise de poids, un ralentissement de la croissance ou une perte de poids,
    • des selles en ruban ou des anomalies de la région anale,
    • une faiblesse des jambes, des troubles de la marche, des réflexes anormaux ou des anomalies dans la région sacrée de la colonne vertébrale,
    • des salissures répétées des sous-vêtements et l’impossibilité d’émettre une selle plus volumineuse,
    • une constipation qui persiste malgré une prise en charge régulière et cohérente,
    • des douleurs régulières, une peur de la défécation ou une rétention importante des selles.

    Une évaluation clinique est également nécessaire si le problème dure depuis des semaines, revient souvent ou a un impact important sur l’alimentation, le sommeil, l’apprentissage de la propreté ou la vie à la crèche et à l’école. Les recommandations soulignent que la constipation chronique peut nécessiter d’associer l’éducation, un traitement médicamenteux, des changements comportementaux et une alimentation adaptée [1][4].

    Questions fréquentes

    L’alimentation seule suffit-elle en cas de constipation chez l’enfant ?

    En cas de constipation légère et de courte durée, améliorer l’alimentation, l’hydratation et la routine aux toilettes peut aider. En cas d’accumulation de selles, de salissure des sous-vêtements, de forte rétention ou de symptômes chroniques, l’alimentation seule ne suffit souvent pas. L’enfant peut avoir besoin d’une évaluation médicale et d’un traitement pour ramollir les selles.

    Faut-il donner le plus de fibres possible à l’enfant ?

    Non. L’objectif est un apport adapté à l’âge et à la tolérance de l’enfant, et non un apport maximal. Une augmentation soudaine des fibres peut accentuer les ballonnements et les douleurs abdominales. Les changements doivent être introduits progressivement et associés à une hydratation adaptée.

    Des selles quotidiennes excluent-elles la constipation ?

    Non. Un enfant peut émettre chaque jour une petite quantité de selles dures tout en ayant une accumulation de selles. La douleur, les efforts, le volume des selles, la rétention et les salissures des sous-vêtements comptent également.

    Le jus de pruneaux est-il indispensable ?

    Il n’est pas indispensable et ne remplace pas une prise en charge complète. Chez un nourrisson plus âgé ou un enfant, une petite quantité peut faire partie de l’alimentation, mais au quotidien, il est préférable de privilégier l’eau pour l’hydratation et de proposer les fruits entiers ou sous une forme adaptée à l’âge.

    Quand peut-on utiliser un laxatif ?

    Chez l’enfant, le médicament doit être choisi en fonction de son âge, de son poids et de la situation clinique. Il ne faut pas utiliser soi-même des préparations destinées aux adultes, des lavements ou des produits à base de plantes. En cas de constipation chronique, un traitement médicamenteux correctement encadré peut être nécessaire et ne doit pas être remplacé par l’alimentation seule.

    En résumé

    En cas de constipation chez l’enfant, il est important de prêter attention non seulement à la fréquence des selles, mais aussi à leur consistance, à la douleur et aux comportements de rétention. Des repas réguliers, un apport suffisant en liquides, une augmentation progressive des fibres, l’activité physique et une routine sereine aux toilettes peuvent aider.

    Si l’enfant souffre, salit ses sous-vêtements, a clairement peur d’aller à la selle ou si le problème dure, il ne faut pas se limiter à modifier encore son alimentation. Une évaluation médicale permet de repérer une accumulation de selles, d’écarter les signes d’alerte et de mettre en place un traitement efficace et sûr.

    Sources

    1. ESPGHAN/NASPGHAN, recommandations concernant l’évaluation et le traitement de la constipation fonctionnelle chez les nourrissons et les enfants.
    2. European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology and Nutrition (ESPGHAN), documents et publications sur la constipation chez l’enfant.
    3. Centre national d’éducation nutritionnelle, « Constipation chez l’enfant ».
    4. BMJ Paediatrics Open, protocole de mise à jour des recommandations sur la constipation fonctionnelle chez l’enfant.
    5. Fonds national de santé, documents éducatifs concernant l’hydratation des nourrissons et des jeunes enfants.
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