« Pourquoi fait-il ça ? » : une question qui revient dans les moments difficiles
Un cri dans un magasin, de la nourriture jetée, un coup porté à un frère ou une sœur, ou un refus soudain de s’habiller peuvent peser lourd dans une journée. Dans ces moments-là, il est facile de penser que l’enfant le fait exprès ou « pour embêter ». Pourtant, derrière ce comportement se cache souvent une difficulté qu’il ne sait pas encore gérer autrement.
Au lieu de vous concentrer uniquement sur la question : « Comment faire pour que cela s’arrête ? », essayez un instant de vous demander : « Qu’est-ce que mon enfant essaie de me montrer en ce moment ? ». Il a peut-être besoin de votre attention, souhaite continuer à jouer avec son objet préféré ou n’arrive pas à faire face à une tâche qui lui paraît trop difficile. Cela ne justifie pas les coups, les jets d’objets ou les cris, mais peut vous aider à choisir une réaction plus calme.
Le comportement est aussi influencé par ce qui se passe autour de l’enfant. Il peut avoir faim, manquer de sommeil, être submergé par le bruit, gêné par un vêtement inconfortable ou surpris par un changement de programme. Une même protestation le matin peut avoir une tout autre signification qu’une réaction similaire après une longue journée hors de la maison.
Dans cet article, vous découvrirez trois causes fréquentes de comportements difficiles ainsi que deux aspects à vérifier avant de tirer des conclusions :
- le besoin de contact avec un adulte ;
- l’envie d’obtenir un objet, une activité ou d’avoir une influence sur la situation ;
- la tentative d’éviter une tâche difficile ;
- la surcharge sensorielle ;
- l’inconfort, la fatigue ou d’autres besoins non satisfaits.
Au lieu d’une étiquette : décrivez ce qui s’est réellement passé
Lorsqu’une situation se répète, des mots comme « il fait du chantage », « il manipule » ou « il est mal élevé » peuvent venir automatiquement. Le problème est qu’ils ne vous indiquent pas quoi faire la prochaine fois. Il est préférable de mettre un instant les jugements de côté et de regarder les faits.
Au lieu de noter : « il s’est comporté horriblement », vous pouvez écrire : « il a crié quand le dessin animé a été éteint » ou « il a lancé une brique de construction lorsque je lui ai demandé de ranger ». Cette description ne signifie pas que vous acceptez le comportement difficile. Elle permet en revanche de voir ce qui le déclenche et ce qui se passe juste après.
Un jeune enfant apprend encore à attendre, à perdre, à terminer une activité agréable et à parler de ses émotions intenses. Il ne sait pas toujours dire : « C’est trop difficile pour moi », « Je veux encore un peu de temps » ou « J’ai besoin d’aide ». Les cris, les pleurs ou le refus peuvent alors devenir son moyen le plus simple de réagir.
Il est important de se rappeler qu’un même comportement n’a pas toujours une seule signification. Un enfant peut protester au moment de s’habiller parce qu’il veut continuer à jouer, puis le lendemain parce qu’il est fatigué ou qu’une étiquette le gêne dans son pull. C’est pourquoi une observation calme est plus utile qu’une réponse rapide.
1. L’enfant peut rechercher de l’attention et de la proximité
Si votre enfant se met à parler fort, pousse son frère ou sa sœur, grimpe sur les meubles ou interrompt votre conversation précisément lorsque vous êtes occupé, il essaie peut-être de retrouver le contact avec vous. Il ne cherche pas forcément à « faire une scène ». Votre attention compte pour lui, même s’il l’obtient d’une manière peu pratique.
Observez ce qui se passe après ce comportement. Posez-vous votre téléphone, commencez-vous à expliquer longuement, regardez-vous votre enfant ou engagez-vous une discussion ? Si oui, l’enfant peut remarquer un lien simple : un comportement intense attire rapidement l’adulte.
Cela ne signifie pas que vous devez ignorer votre enfant. Il est souvent plus utile d’associer des limites claires à de courts moments d’attention authentique, avant même que le problème n’apparaisse. L’enfant a aussi besoin d’une façon simple de demander du contact sans crier ni provoquer.
Vous pouvez essayer de mettre en place :
- 5 à 10 minutes de jeu partagé au retour à la maison ;
- une courte conversation avant de commencer à cuisiner ou à travailler ;
- regarder ensemble son dessin avant de répondre au téléphone ;
- une annonce claire : « Je termine ce message, puis je suis avec toi pendant cinq minutes. »
Dans un moment calme, entraînez-vous aussi à utiliser de courtes phrases : « Joue avec moi », « Regarde », « Viens avec moi » ou « J’ai besoin d’aide ». N’attendez pas de votre enfant qu’il les utilise immédiatement dans chaque moment difficile. Il doit d’abord entendre et expérimenter à de nombreuses reprises que cette manière de faire fonctionne réellement.
2. L’enfant peut vouloir obtenir quelque chose ou prolonger une activité agréable
Protester après l’arrêt d’un dessin animé, la fin d’un moment au parc ou le refus d’une nouvelle collation est très fréquent. L’enfant peut essayer de retrouver l’accès à ce qui vient de se terminer : un écran, une friandise, un jouet, du mouvement ou un jeu avec d’autres enfants. Pour un adulte, « encore cinq minutes » semble clair, mais l’attente peut être réellement difficile pour un jeune enfant.
Faites attention à ce qui soulage votre enfant après sa protestation. Si les cris cessent lorsque le dessin animé est remis ou que le départ du parc est repoussé, il peut être utile de vérifier si cette prolongation de l’activité ne renforce pas ce schéma. Il ne s’agit pas d’attribuer de mauvaises intentions à l’enfant, mais plutôt de remarquer ce qu’il a appris dans ces situations.
Des règles claires et des annonces répétées de manière similaire peuvent aider. Ainsi, la fin d’une activité n’arrive pas totalement sans prévenir. Toutes les situations ne seront pas calmes, mais la prévisibilité donne souvent davantage de sécurité à l’enfant.
Vous pouvez utiliser quelques solutions simples :
- prévenez à l’avance : « Nous partons dans cinq minutes » ;
- rappelez-le à l’approche de la fin : « Il reste une dernière descente » ;
- proposez un choix limité : « Tu préfères éteindre le dessin animé toi-même ou tu veux que je le fasse ? » ;
- utilisez un minuteur ou une alarme si votre enfant réagit bien à ce type de signal ;
- entraînez-vous à dire : « J’en veux encore », « Je pourrai plus tard ? », « Encore une minute ».
La limite peut rester inchangée : le dessin animé se termine et il faut quitter le parc. En même temps, l’enfant peut être soutenu dans sa déception. Une réponse courte et empathique, par exemple : « Je vois que tu veux rester. C’est difficile d’arrêter de jouer. Aujourd’hui, nous partons. », suffit généralement.
3. L’enfant peut essayer d’éloigner une tâche difficile
Le refus de coopérer ne signifie pas toujours de la paresse ou un manque de bonne volonté. Parfois, l’enfant cherche à éloigner quelque chose qui est trop difficile, peu clair, fatigant ou simplement désagréable pour lui. Il peut alors dire « non », s’éloigner, repousser l’exécution d’une consigne, pleurer ou protester fortement.
Demandez-vous si la difficulté apparaît le plus souvent avant certaines situations précises. Il peut s’agir du rangement, de l’habillage, du brossage des dents, du fait de rester à table ou d’une activité qui demande de la concentration. Si la protestation commence régulièrement juste avant ce moment, il est utile de vérifier si la demande n’est pas trop importante pour cette journée ou cette étape de développement.
Voici quelques questions utiles :
- L’enfant sait-il exactement ce qu’il doit faire ?
- La consigne est-elle courte et précise ?
- Peut-on diviser la tâche en petites étapes ?
- L’enfant a-t-il faim, est-il fatigué ou irritable ?
- Y a-t-il trop de distractions dans la pièce ?
Si, après une forte protestation, l’obligation disparaît ou si l’adulte réalise la tâche à la place de l’enfant, celui-ci peut, avec le temps, utiliser plus souvent cette façon de faire. Il ne s’agit pas nécessairement d’une action planifiée. C’est plutôt une manière rapide d’éviter ce qui lui semble insurmontable à ce moment-là.
Essayez de rendre le début plus accessible. Au lieu de dire : « Range toute ta chambre », dites : « Mettons ensemble trois briques dans la boîte. » Lorsque l’enfant a commencé, il est plus facile d’ajouter une petite étape ou de faire une courte pause.
Surcharge sensorielle : quand tout devient trop intense
Toutes les crises ne sont pas liées à un refus ou à l’envie d’obtenir quelque chose. Parfois, l’enfant est simplement fatigué par un excès de sons, de personnes, de lumière, de contacts et de changements. Dans un magasin, à un anniversaire, dans un lieu très fréquenté ou après une journée intense, la tension peut augmenter rapidement.
La surcharge peut se manifester de différentes manières. Un enfant peut se mettre à pleurer et chercher un câlin ; un autre peut devenir irritable, agité ou tenter de fuir dans une autre pièce. Il peut aussi avoir du mal à suivre une consigne simple, se boucher les oreilles, jeter des objets ou refuser soudainement une activité qui ne posait pas problème auparavant.
Avant de tirer des conclusions, vérifiez quelques éléments essentiels :
- la journée a-t-elle été particulièrement intense ;
- l’enfant a-t-il eu du temps pour bouger et se reposer ;
- a-t-il faim, soif ou manque-t-il de sommeil ;
- y a-t-il beaucoup de bruit, de personnes ou de précipitation autour de lui ;
- peut-il se rendre un moment dans un endroit plus calme.
Cela ne signifie pas que chaque protestation vient d’une surcharge. Parfois, l’enfant ne veut réellement pas arrêter de jouer ou n’est pas d’accord avec une limite. Il reste toutefois utile de remarquer si les réactions difficiles surviennent plus souvent dans le bruit, après une longue journée ou lorsqu’il y a beaucoup de changements.
Vous pouvez commencer par de petits ajustements : diminuer le bruit autour de vous, proposer de l’eau, vous éloigner un moment, laisser l’enfant bouger ou le prévenir de la prochaine étape de la journée. Un rythme régulier et des temps de respiration ne résolvent pas tout, mais ils aident souvent l’enfant à faire face à la tension.
Inconfort et besoins que l’enfant ne sait pas encore nommer
Un enfant ne sait pas toujours dire : « J’ai mal au ventre », « J’ai trop chaud », « J’ai envie d’un câlin » ou « Je ne comprends pas ce que je dois faire ». À la place, il peut pleurer, repousser les autres, jeter des objets ou refuser de coopérer. C’est un signal qui invite à s’arrêter et à vérifier les besoins essentiels.
Parfois, la cause est très simple : le manque de sommeil, la faim, la soif, une maladie ou un vêtement inconfortable. D’autres fois, un changement plus important joue un rôle, comme une nouvelle école maternelle, l’arrivée d’un frère ou d’une sœur, une séparation avec un parent ou un rythme quotidien différent. L’enfant peut alors avoir besoin de davantage de proximité, de prévisibilité ou d’aide pour traverser ce changement.
Il est utile de remarquer si les comportements difficiles apparaissent plus souvent après :
- le retour de l’école maternelle ou de l’école ;
- un long trajet ou des courses ;
- un changement dans le programme de la journée ;
- la fin d’une activité agréable ;
- une mauvaise nuit ;
- une situation dans laquelle l’enfant ne comprend clairement pas ce qui est attendu de lui.
Si vous observez un changement soudain et marqué de comportement, si vous suspectez une douleur ou si les difficultés concernent le sommeil, l’alimentation ou le fonctionnement quotidien, contactez votre pédiatre. Lorsque le problème persiste, se répète souvent ou pèse fortement sur la vie familiale, une consultation avec un psychologue pour enfants peut également être utile.
Comment repérer un schéma qui se répète ?
Vous n’avez pas besoin de savoir immédiatement pourquoi votre enfant crie, frappe ou refuse. Pour commencer, il suffit de prendre de très courtes notes pendant quelques jours. Décrivez la situation avec des mots simples, sans vous juger ni juger votre enfant.
Pour chaque moment plus difficile, notez trois éléments :
- Que s’est-il passé avant ?
L’heure de la journée, le lieu, le bruit, la fin d’un jeu, une consigne, un changement de programme, la faim, la fatigue ou la présence d’autres personnes.
- Qu’a fait exactement l’enfant ?
Par exemple : « il a crié pendant trois minutes », « il a donné un coup dans la chaise », « il est parti se cacher sous la table » ou « il a lancé la télécommande ».
- Que s’est-il passé ensuite ?
A-t-il reçu plus d’attention, un écran, une collation, une pause, de l’aide ou la possibilité de s’éloigner de la tâche ?
Une note peut par exemple ressembler à ceci : « 17 h 30, au retour de l’école maternelle. Je lui ai demandé d’éteindre le dessin animé. L’enfant a crié, a lancé la télécommande, puis le dessin animé a été remis encore un moment. » Cette note ne sert pas à chercher un responsable. Elle aide à remarquer ce qui pourrait être modifié dans une situation similaire la prochaine fois.
Après quelques jours, vous pourrez peut-être constater que les protestations apparaissent plus souvent à la fin des jeux, en fin d’après-midi ou lors de tâches demandant de la concentration. Vous découvrirez parfois aussi que l’enfant a besoin, dans ces moments-là, d’une consigne plus courte, d’un temps de repos, de davantage d’anticipation ou d’aide au début de la tâche.
Comment vérifier une hypothèse sur la cause d’un comportement ?
Une hypothèse n’est ni un diagnostic ni une réponse certaine à la question de savoir pourquoi l’enfant a fait quelque chose. C’est une supposition de travail qu’il est utile de vérifier dans plusieurs situations similaires. Le journal ABC : comment observer le comportement de votre enfant peut vous y aider : notez ce qui s’est passé avant le comportement, ce qu’a fait précisément l’enfant et ce qui s’est produit ensuite.
Imaginez qu’un enfant jette un jouet. Le simple fait de jeter ne permet pas encore d’en connaître la cause. Observez le contexte ainsi que ce qui fait évoluer la situation :
- Explication possible : l’enfant recherche le contact. Vérifiez s’il jette plus souvent lorsque vous téléphonez, vous occupez d’un frère ou d’une sœur ou êtes absorbé par quelque chose. Observez aussi si, après votre réaction, l’enfant vous regarde, se rapproche ou recommence ce comportement.
- Explication possible : il veut récupérer un objet ou influencer la situation. Regardez si le jet survient après qu’un jouet lui a été retiré, après le refus d’obtenir quelque chose de plus ou à la fin d’une activité. Il est également important de voir si la protestation diminue lorsque l’enfant retrouve l’accès à ce qu’il voulait.
- Explication possible : il tente d’éviter une difficulté. Vérifiez si l’enfant jette le jouet juste après une demande de rangement, de partage ou l’exécution d’une autre consigne. Remarquez si, après le jet, la tâche est reportée, modifiée ou prise en charge par l’adulte.
- Explication possible : il est surchargé ou fatigué. Observez si des situations similaires se produisent plus souvent après une journée bruyante, dans la foule, en fin de journée ou lorsque l’enfant a du mal à répondre même à des demandes simples. Vérifiez si un lieu plus calme, de l’eau, du repos ou une diminution des stimulations modifient le déroulement de la situation.
Une seule observation ne suffit généralement pas. Comparez plusieurs notes et recherchez les éléments qui se répètent. Si des schémas différents apparaissent selon les situations, le fait de jeter un jouet peut avoir une fonction différente selon le jour et les circonstances.
Que faire lorsque l’enfant crie, frappe, jette ou s’enfuit ?
Dans un moment de forte tension, vous n’avez pas besoin d’analyser immédiatement la cause. Commencez par assurer la sécurité : celle de l’enfant, des autres personnes et de l’environnement. Le temps de la discussion et de l’apprentissage d’une autre façon d’agir viendra ensuite.
1. Sécurisez la situation
Éloignez les objets lourds ou durs, augmentez la distance avec les frères et sœurs et limitez le nombre de personnes autour. Si vous le pouvez, allez dans un endroit plus calme ou demandez de l’aide à un autre adulte. Moins de stimulations permettent souvent à l’enfant de retrouver plus facilement son équilibre.
Retenir physiquement un enfant n’a de sens que s’il existe un risque immédiat de blesser quelqu’un ou de fuir vers un lieu dangereux. Cela ne doit durer que le temps nécessaire à la sécurité. Il ne s’agit pas de punir, de lutter physiquement ou de montrer sa supériorité.
2. Dites brièvement où se trouve la limite
Lorsqu’une émotion est très forte, les longues explications passent généralement mal. Un message simple et calme, prononcé d’une voix basse, suffit. Vous pouvez utiliser des phrases comme :
- « Je ne te laisserai pas frapper. »
- « Je ne te laisserai pas jeter des objets sur les gens. »
- « Je vais arrêter cela pour que tout le monde soit en sécurité. »
- « Je suis là. Je vais t’aider à te calmer. »
La limite peut rester la même, même si les raisons du comportement sont différentes. Un enfant déçu par la fin d’un jeu n’a cependant pas besoin du même soutien qu’un enfant épuisé par le bruit ou par une tâche difficile.
3. Limitez les mots et les demandes supplémentaires
Lorsque la tension est élevée, ce n’est pas le moment de faire un long discours, un interrogatoire ou de négocier. Réduisez le nombre de questions, apaisez l’environnement et laissez un peu de temps à l’enfant. Si possible, évitez de le faire honte devant d’autres personnes.
Évitez les menaces, les cris, les fessées et les longues leçons de morale. Ces réactions peuvent encore augmenter la tension. À ce moment-là, il est plus important d’apaiser la situation que d’obtenir rapidement des excuses ou une compréhension complète.
4. Revenez sur le sujet lorsque le calme revient
Lorsque l’enfant parle plus doucement, respire plus librement et n’essaie plus de blesser quelqu’un, nommez brièvement ce qui s’est passé. Vous pouvez dire : « Tu étais en colère parce que nous arrêtions de jouer. Tu as lancé une brique. » Ensuite, indiquez-lui ce qu’il pourra faire la prochaine fois.
Si le problème concernait une tâche, revenez-y dans une version plus petite. Au lieu d’attendre qu’il range toute la chambre, demandez-lui de ranger un seul objet. L’enfant a ainsi la possibilité de sortir de cette situation difficile avec de l’aide, et pas seulement avec un sentiment d’échec.
Comment apprendre à l’enfant d’autres façons de réagir ?
Il est plus facile de s’entraîner à de nouvelles réactions lorsque tout est calme. N’attendez pas que votre enfant recommence à crier ou à frapper. Dans les moments ordinaires, montrez-lui des mots, des gestes et des actions simples qu’il pourra utiliser plus tard.
Choisissez quelques messages adaptés à votre quotidien. Il peut s’agir de : « aide-moi », « encore », « pause », « je ne veux pas », « c’est mon tour », « boire », « j’ai mal », « câlin » ou « moins fort ». Si l’enfant ne parle pas encore facilement, il peut montrer une image, utiliser un geste simple ou désigner un objet.
En cas de coups ou de jets d’objets, il est également utile de proposer des solutions sûres pour le corps. Vous pouvez vous entraîner à :
- montrer sa main pour dire « stop » ;
- faire un pas en arrière ;
- venir vous demander de l’aide ;
- serrer une balle souple ou un coussin ;
- taper du pied dans un endroit défini et sûr ;
- dire : « Je suis en colère » ou « Je ne veux pas ».
Intégrez ces exercices dans les situations quotidiennes. Arrêtez un instant le jeu et suggérez : « Si tu veux continuer, tu peux dire : encore. » Avant de changer d’activité, demandez : « Tu as besoin d’aide ou d’une minute de plus ? », si vous pouvez lui proposer ce choix.
Remarquez même les petits essais. Si, au lieu de frapper, l’enfant vous regarde, dit « non » ou fait le geste « stop », nommez-le immédiatement : « Je vois que tu essaies de me dire ce dont tu as besoin. » Cela aide l’enfant à comprendre qu’une manière plus calme d’entrer en contact peut aussi produire un effet.
En résumé : un comportement difficile est un signal, pas une étiquette
Le comportement d’un enfant ne définit pas son caractère. Il peut exprimer un besoin de contact, l’envie de prolonger une activité agréable, une tentative d’éviter une difficulté, ou encore la fatigue et la surcharge. Au lieu de chercher une réponse unique et certaine, il est utile d’observer ce qui se passe dans une situation précise.
Il est utile d’observer trois éléments : ce qui s’est passé avant, le comportement exact de l’enfant et ce qui s’est produit ensuite. Même une courte observation peut montrer que certaines heures de la journée, le bruit, les transitions entre les activités ou des demandes trop importantes sont particulièrement difficiles.
Le progrès ne signifie pas forcément que les protestations disparaissent complètement. Parfois, on remarque d’abord des cris plus courts, moins de jets d’objets, un retour au calme plus rapide ou une première tentative de dire : « aide-moi ». Ce sont aussi des changements importants.
Si les situations sont fréquentes, épuisantes ou s’il vous est difficile de comprendre ce qui les déclenche, vous pouvez les décrire dans le formulaire de consultation BehaviorComplainer.
Sources
- National Institute for Health and Care Excellence (NICE), « Challenging behaviour and learning disabilities: prevention and interventions ».
- Centers for Disease Control and Prevention (CDC), « Tips for Responding to Behavior ».
- National Health Service (NHS), « Dealing with child behaviour problems ».