Crises de colère chez l’enfant : comment réagir pendant et après ?

Les crises de colère peuvent survenir soudainement, surtout lorsque l’enfant est fatigué, a faim ou se sent dépassé. Découvrez comment réagir pendant la crise, assurer sa sécurité et renouer le contact après.

Parent accompagnant un enfant pendant une crise de colère

    Si la crise est en cours en ce moment

    1. Arrêtez-vous un instant et baissez le ton de votre voix.
    2. Éloignez les dangers et les autres personnes.
    3. Dites brièvement ce qui n’est pas autorisé.
    4. Restez près de l’enfant d’une façon qu’il peut accepter.
    5. Ne revenez à la discussion qu’une fois qu’il est calmé.

    « Tout allait bien et, soudain, il se met à crier » : d’où cela vient-il ?

    « Pourquoi réagit-il ainsi à un simple “non” ? » : cette question revient souvent, notamment lorsque la crise commence dans un magasin, au moment de quitter l’aire de jeux ou de s’habiller. Dans ces moments-là, il est facile de ressentir de la tension, de l’impuissance et parfois aussi sa propre colère.

    Chez l’enfant, entre environ 18 mois et 6 ans, les émotions intenses peuvent apparaître plus vite qu’il ne parvient à les nommer ou à les contenir. Ce n’est pas forcément une volonté de « faire exprès » ou de s’opposer. Souvent, le tout-petit ne parvient tout simplement pas, à cet instant, à faire face à un refus, à un changement de programme ou à une fatigue qui s’accumule.

    Une crise peut prendre des formes très différentes. Un enfant crie, se jette au sol et proteste bruyamment, tandis qu’un autre se replie sur lui-même, s’éloigne ou cesse de répondre. Il est utile de regarder non seulement la crise elle-même, mais aussi ce qui s’est passé juste avant.

    Dans cet article, vous trouverez une méthode simple : quoi faire pendant la crise, comment veiller à la sécurité et comment renouer le contact lorsque les émotions sont un peu retombées.

    Qu’est-ce qui peut déclencher une crise de colère chez l’enfant ?

    Si une réaction intense survient après un refus, découvrez aussi comment poser une limite lorsque l’enfant entend « non ».

    Les parents s’attendent souvent à ce qu’une demande simple reçoive une réponse simple. Pourtant, pour un jeune enfant, mettre ses chaussures, éteindre un dessin animé ou quitter une activité qu’il aime peut être très difficile à ce moment-là. En particulier si beaucoup de tension s’est déjà accumulée auparavant.

    La réaction de l’enfant est notamment influencée par :

    • la faim ou la soif ;
    • le manque de sommeil et la fatigue en fin de journée ;
    • le bruit, la foule, les courses, un trajet ou beaucoup de nouvelles stimulations ;
    • l’arrêt soudain d’une activité agréable ;
    • un refus ou une restriction ;
    • la précipitation et de nombreuses consignes données en même temps ;
    • un besoin d’autonomie que l’enfant ne parvient pas encore à bien exprimer.

    Parfois, le problème n’est pas tant la situation elle-même que le moment où elle survient. Un enfant peut accepter calmement un refus le matin et réagir très vivement le soir. Cela ne signifie pas que les règles doivent disparaître : il est plutôt important de tenir compte de son état du moment.

    Il peut être utile de prendre de courtes notes pendant quelques jours. Notez à quels moments la tension apparaît le plus souvent, ce qui la précède et ce qui a, même un peu, facilité la situation. Avec le temps, vous pourrez remarquer un schéma récurrent, par exemple des retours de crèche plus difficiles, des crises avant le dîner ou des protestations après un long moment hors de la maison.

    Comment repérer la tension avant qu’une crise n’éclate ?

    En pratique, une crise de colère est souvent précédée d’une phase d’alerte. L’enfant ne dira peut-être pas encore : « Je suis fatigué » ou « C’est trop pour moi », mais il le montrera par son comportement. Plus vous repérez ces signes tôt, plus vous avez de chances de traverser ce moment difficile plus sereinement.

    Avant une crise, vous pouvez par exemple observer :

    • une agitation plus importante que d’habitude ;
    • le fait de jeter de petits objets ou de chercher les autres de façon nerveuse ;
    • des pleurs ou de la colère à la moindre modification ;
    • un ton sec et des protestations fréquentes ;
    • les mains serrées, le corps raide, le visage tendu ;
    • des difficultés à arrêter de jouer ou à suivre une consigne simple.

    Un enfant débordé ne devient pas toujours bruyant. Certains se taisent, détournent le regard, se cachent derrière leur parent ou semblent « ne pas entendre ». À ce moment-là, au lieu de répéter votre demande de plus en plus fort, essayez de vous rapprocher, de limiter le nombre de mots et de laisser à l’enfant un moment pour réagir.

    Vous pouvez dire : « Je vois que c’est difficile pour toi d’écouter maintenant. Nous allons le faire ensemble » ou « Nous allons d’abord nous reposer un peu, puis nous reprendrons l’habillage ». Toutes les situations ne se termineront pas sans protestation, mais un rythme plus doux diminue souvent la tension.

    Que faire pendant une crise de colère ?

    Lorsque l’enfant crie, pleure ou jette des objets, vous n’avez pas besoin de trouver immédiatement la solution parfaite. Commencez par vous concentrer sur l’essentiel : la sécurité et la prévention de l’escalade.

    1. Accordez-vous une courte pause

    Avant de dire quoi que ce soit, ralentissez un instant. Respirez calmement, relâchez vos épaules et essayez de parler moins fort que d’habitude. Cela ne signifie pas que vous devez être parfaitement calme : il s’agit simplement de ne pas ajouter un cri de plus à la situation.

    Vous pouvez utiliser une phrase simple : « Je vois que tu es très en colère. Je suis là. » N’essayez pas, à ce moment-là, de convaincre l’enfant que sa réaction est « inutile ». Au plus fort de l’émotion, les longues explications passent généralement mal.

    2. Veillez à un espace sûr

    Lorsque cette situation se produit pendant les courses, un plan de réaction face aux protestations de l’enfant en magasin peut être utile.

    Regardez s’il y a à proximité des objets qui pourraient être jetés ou causer une blessure. Éloignez le verre, les jouets durs, les ciseaux, les boissons chaudes ou tout autre objet qu’il vaut mieux mettre de côté pour un moment. Si des frères et sœurs sont à côté, il peut être utile de les accompagner calmement un peu plus loin.

    Dans un magasin, sur une aire de jeux ou lors d’une sortie en famille, essayez de vous déplacer avec l’enfant vers un endroit moins bruyant. Ce ne sera pas toujours possible, mais même quelques pas loin de la foule peuvent aider. Si un autre adulte est avec vous, vous pouvez lui demander un soutien concret, par exemple de s’occuper des frères et sœurs.

    3. Proposez de la proximité sans l’imposer

    Certains enfants, lorsqu’ils sont en colère, veulent être pris dans les bras, s’asseoir sur les genoux ou tenir une main. D’autres ont besoin d’espace et peuvent protester encore davantage si quelqu’un essaie de les toucher. Il est important de laisser à l’enfant le choix à ce sujet.

    Vous pouvez dire : « Tu veux un câlin ou tu préfères que je m’assoie à côté de toi ? » Si l’enfant refuse, n’insistez pas. Restez à proximité et montrez, par votre attitude calme, qu’il est en sécurité et qu’il n’a pas à traverser ce moment seul.

    4. Maintenez la limite en quelques mots

    La colère est autorisée, mais tous les comportements liés à la colère ne le sont pas. Si l’enfant frappe, mord, donne des coups de pied ou jette des objets, arrêtez ce comportement brièvement et calmement. Il n’est pas nécessaire, à cet instant, de discuter des conséquences ou de revoir toutes les règles.

    Ces phrases peuvent vous aider :

    • « Je ne te laisserai pas frapper. »
    • « Je vais t’éloigner pour que personne ne soit blessé. »
    • « Tu peux pleurer. Tu ne peux pas jeter la tasse. »
    • « Nous en parlerons quand ce sera plus calme. »

    Ne changez pas une décision importante uniquement pour faire cesser les cris le plus vite possible. Vous pouvez reconnaître l’émotion de l’enfant tout en maintenant la limite : « Je sais que tu veux rester. Aujourd’hui, nous partons maintenant. »

    Quels mots vaut-il mieux éviter pendant une crise ?

    Sous l’effet du stress, il est facile de dire quelque chose de plus dur que prévu. Il est toutefois utile de se rappeler qu’un enfant submergé par une forte émotion n’a besoin ni d’être humilié ni d’entendre un long sermon. Les messages simples, qui posent une limite sans attaquer l’enfant, sont souvent plus efficaces.

    Essayez de limiter les phrases telles que :

    • « Calme-toi immédiatement. »
    • « N’exagère pas. »
    • « Tu n’es pas sage. »
    • « Tu devrais avoir honte. »
    • « C’est à cause de toi que je suis en colère. »
    • « Regarde, tout le monde te regarde. »

    De tels mots peuvent augmenter la tension et rendre plus difficile le retour au contact. À la place, nommez ce que vous observez et dites clairement ce que vous faites : « Tu es en colère. Je ne te laisserai pas frapper. »

    Est-il utile de distraire l’enfant ?

    Parfois oui, surtout avec un enfant plus jeune. Vous pouvez proposer une gorgée d’eau, regarder par la fenêtre, chercher quelque chose d’une couleur précise ou aller dans un endroit plus calme. Ce changement peut interrompre la montée de tension avant que la crise ne prenne plus d’ampleur.

    Ne considérez toutefois pas la distraction comme une manière d’éviter toutes les émotions difficiles. Si une limite est importante, elle peut rester en place. Vous pouvez dire en même temps : « Nous n’achetons pas ce jouet. Viens, cherchons maintenant une voiture rouge sur l’étagère. »

    Lorsque l’enfant frappe, mord, donne des coups de pied ou se cogne la tête

    Si, pendant la crise, un comportement risque de blesser quelqu’un, agissez avant tout de manière concrète. Éloignez les autres enfants, retirez les objets à portée de main et augmentez la distance avec les coins durs ou les escaliers. Il n’est pas nécessaire de lui expliquer toute la situation à ce moment-là.

    Si l’enfant essaie de frapper une autre personne, vous pouvez retenir calmement sa main ou l’éloigner de la personne visée, mais seulement dans la mesure nécessaire pour mettre fin au danger. Dites simplement : « Je ne te laisserai pas frapper. » Dès que la situation est plus sûre, réduisez l’intervention physique.

    En cas de morsure, protégez votre corps et éloignez-vous plutôt que d’entrer dans une lutte. Si l’enfant jette des objets, limitez son accès à d’autres objets. S’il se cogne la tête, retirez les éléments durs de son environnement immédiat et restez près de lui afin de réduire le risque de blessure.

    Ne laissez pas l’enfant seul dans un endroit où il pourrait se faire mal. En même temps, n’essayez pas de l’immobiliser de force si la sécurité peut être assurée en éloignant les objets, les autres personnes ou en allant dans un lieu plus calme.

    Quand contacter une aide médicale ?

    Si l’enfant s’est blessé, s’est cogné la tête ou si un élément de son comportement après l’incident vous inquiète, il est préférable de demander conseil à un professionnel de santé. Une aide urgente est nécessaire si l’enfant a perdu connaissance, a des difficultés à respirer, vomit, semble anormalement somnolent, a subi une blessure grave ou si vous ne parvenez pas à assurer sa sécurité.

    Il est également utile d’en parler à un pédiatre ou à un psychologue si les crises sont très fréquentes, s’intensifient, entraînent des blessures, impliquent des comportements répétitifs d’automutilation ou perturbent fortement la vie quotidienne. Une consultation peut aider à clarifier la situation et à déterminer les prochaines étapes adaptées.

    Que faire après une crise de colère ?

    Après une crise, l’enfant peut être fatigué, irritable ou avoir besoin de silence. Ne précipitez pas la discussion simplement parce que les cris se sont arrêtés. Vérifiez d’abord si son corps s’est réellement apaisé : sa respiration est plus lente, la tension a diminué et il remarque de nouveau votre présence.

    Vous pouvez proposer de l’eau, un moment sur le canapé, un câlin ou une activité simple, comme construire avec des blocs. Si l’enfant ne veut pas de contact physique, respectez-le. La proximité peut aussi signifier s’asseoir calmement à côté de lui.

    Lorsque la situation est plus calme, nommez brièvement ce qui s’est passé. Dites par exemple : « C’était difficile pour toi quand nous avons arrêté de jouer » ou « Tu t’es mis en colère parce que tu voulais ce jouet. » Il ne s’agit pas de l’interroger ni de le forcer à s’excuser.

    L’émotion est acceptable, blesser ne l’est pas

    Une fois le contact retrouvé, revenez à une limite importante. Vous pouvez dire : « Tu as le droit d’être en colère. Je ne te laisse pas frapper ni mordre. » Cela aide à distinguer l’émotion du comportement.

    Choisissez ensuite une chose simple que l’enfant pourra faire la prochaine fois. N’établissez pas une longue liste : dans un moment difficile, il lui est plus facile de se rappeler une solution courte.

    Vous pouvez vous entraîner à :

    • dire : « Aide-moi » ;
    • venir vers vous ;
    • taper des pieds dans un endroit sûr ;
    • serrer un coussin ;
    • s’éloigner un moment du jeu ;
    • nommer son émotion : « Je suis en colère ».

    Comment diminuer le nombre de crises au quotidien ?

    Il n’est pas possible d’éliminer totalement les crises de colère : elles font partie de l’apprentissage des émotions et des limites. Vous pouvez toutefois réduire le nombre de situations dans lesquelles l’enfant est déjà si fatigué ou surchargé qu’il a du mal à coopérer. Ce sont généralement les petits gestes répétés qui font la plus grande différence.

    Veillez à un rythme de journée prévisible

    Les enfants ont souvent plus de facilité à vivre les transitions lorsqu’ils savent ce qui va se passer ensuite. Dans la mesure du possible, gardez des horaires similaires pour les repas, le sommeil et les temps de repos calme. Avant une sortie plus longue, prenez de l’eau et une petite collation.

    Après un moment intense — par exemple après la crèche, les courses ou un anniversaire — prévoyez un temps moins exigeant. Certains enfants ont besoin de bouger, d’autres de calme et de proximité. Observez quel type de repos aide précisément votre enfant.

    Prévenez les changements

    Lors du passage d’un écran à l’activité suivante, consultez le scénario étape par étape pour arrêter un dessin animé.

    Un « c’est fini » soudain peut être difficile, même lorsque l’enfant connaît les règles. Essayez d’annoncer le passage à l’activité suivante : « Encore deux descentes et nous partons », « Dans un instant, nous allons éteindre le dessin animé » ou « D’abord les blocs dans la boîte, puis le dîner. »

    Les rituels réguliers peuvent aussi aider. Le même ordre le soir, une courte chanson avant le bain ou des mots répétés avant de sortir donnent davantage à l’enfant le sentiment de savoir ce qui va se passer.

    Proposez un petit choix

    Vous trouverez davantage d’exemples de choix dans un cadre sécurisant dans l’article sur l’autonomie du jeune enfant et les limites de l’adulte.

    L’enfant ne peut pas toujours décider s’il est temps de partir, de s’habiller ou d’arrêter l’écran. Il peut toutefois avoir le choix dans de petites choses. Cela lui permet de sentir qu’il a une influence, sans que vous renonciez à des limites importantes. ⏳

    Vous pouvez demander :

    • « Tu préfères mettre tes chaussures tout seul ou tu veux que je t’aide ? »
    • « Tu choisis le gobelet vert ou le bleu ? »
    • « D’abord la veste ou le bonnet ? »
    • « Tu veux aller jusqu’à la voiture en me tenant la main ou marcher seul à côté de moi ? »

    En résumé : réagir calmement ne signifie pas tout laisser passer

    Pendant une crise de colère, l’essentiel est la sécurité et votre présence aussi calme que possible. Vous n’avez pas besoin de tout résoudre en quelques minutes ni de trouver les mots parfaits. Limitez les risques, n’humiliez pas l’enfant et maintenez la limite importante.

    L’objectif n’est pas de faire taire immédiatement l’enfant. Il s’agit de traverser une émotion intense sans se blesser, blesser les autres ni abîmer des objets. N’attendez pas de vous une réaction irréprochable à chaque fois : après un moment difficile, il est possible de renouer le contact et de réessayer.

    Si les crises de colère sont intenses, vous inquiètent ou si vous avez besoin de clarifier la situation étape par étape, vous pouvez utiliser le formulaire de consultation BehaviorComplainer.

    Sources

    1. National Health Service (NHS), « Crises de colère ».
    2. American Academy of Pediatrics (AAP), « Conseils essentiels pour traverser les crises de colère ».
    3. National Health Service (NHS), « Aider votre tout-petit à gérer ses émotions ».
    4. ZERO TO THREE, « Crises de colère chez les tout-petits : pourquoi elles surviennent et ce que vous pouvez faire ».
    BehaviorComplainer

    Des connaissances pratiques sur le comportement des enfants pour les parents et les personnes qui s’en occupent.